Vendredi 7 janvier 2011 à 1:33

 … du moins si on fait de ta tête une tsansa*. (C’est sensas)

Premier article de l’année officielle occidentale, et pour donner le ton, ça va être un truc bien gratiné en grand n’importe quoi, comme je sais si bien le faire (n’est-ce pas)

Avec la symbolique de renouveau si on veut en voir une, je songeais à changer un peu ce blog. Même à changer de blog. Pour rester sur cow, hein, mais juste changer de nom, garder quelques anciens articles, tout ça. Mais bon, autant nettoyer ici ce qui n’y a plus sa place… on verra.

 

Pour célébrer ce nouvel an de grâce (ou de disgrâce, c’est selon), je ne puis que recommander à tous de se mettre sous l’égide de la Gorgone.

Vous savez, Méduse, qu’on se demande toujours pour qui sont ces serpents qui siffle sur sa tête, tout ça. Ouais, je sais, encore dans la mythologie. Grecque. Voilà.

Comme quoi, on a beau fustiger quelque chose, on y revient toujours.

Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas.

 

Autant prévenir de suite, là je vais raconter brièvement sa vie à la Méduse, pour arriver à un raisonnement plus ou moins logique en connexion avec le deuxième paragraphe, alors ceux que ça n’intéresse pas feraient mieux d’aller se faire voir chez ceux responsables de son histoire. Ah oui, et comme cette année, j’ai décidé de me lancer des défis plus ou moins intelligents, comme annoncé dans un ancien article, celui-ci sera presque exclusivement illustré par des images issues de l’animé st seiya. J’avais prévenu. Comme ça vous verrez ce donnent mes recherches images aussi, quand je cherche des références sérieuses, sur quoi je tombe un peu.

 

Medusa, donc, était une très belle jeune femme, dont la chevelure en particulier était magnifique. Et comme toutes les belles jeunes femmes de la mythologie, ça ne pouvait que lui apporter des ennuis. Ce qui arriva, c’est que Poséidon s’intéressa de très près à sa personne. Ça va, il y a pire, comme parti, c’est quand même le frère de Hadès, mais toujours est-il qu’il l’emmena dans le temple d’Athéna pour y pratiquer des activités licencieuses, diront-nous.

Blasphème ! le sanctuaire de la Parthénos (vierge. D’où le Parthénon.) souillé ! par son grand ennemi !
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…ain elle est à peu près histo celle là !

[encart : oui, Poséidon et Athéna s’étaient disputés le patronage d’une cité, et avaient fait voter le peuple en les amadouant avec des dons. Source d’eau salée pour le dieu des mers, olivier pour Athéna. Après vote, il s’avéra que la déesse l’avait emporté, et la cité fut nommée Athènes. Evidemment ça n’a pas vraiment plu au dieu au trident. Parait-il que c’est le vote des femmes qui fit pencher la balance, ce qui donna une excellente excuse pour les en priver par la suite. Vie de meuf. C’est sûr que les Athéniens ont eu à s’en plaindre de ce vote)]

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magnifique fanart, mais je ne connais pas son auteur, dommage.

 

plutôt que de s’en prendre à son oncle, Athéna préféra punir Medusa. Si celle-ci, ainsi que le disent certaines versions, avait été la victime d’un viol,  ce serait parfaitement injuste.

Mais, quoi qu’il en soit, la belle Medusa fut transformée, ainsi que ses sœurs (tarif de groupe) en créatures monstrueuses, à la peau couverte d’écailles, aux yeux terribles, à la langue fourchue… les magnifiques cheveux de Medusa devinrent des serpents, et son regard pouvait changer en pierre ceux qui le croisait. Ben, merci du cadeau.

 

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Reclue avec ses soeurs, elle pensait enfin pouvoir être peinarde, loin de la concupiscence divine ou de sa colère, mais que nenni, c’est sans compter sur les héros, qui se font un devoir d’aller occire les personnes atteintes d’une malédiction même quand elles n’embêtent personne !

La, c’était Persée. Vous savez, j’ai déjà parlé par ici

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je ne ferais aucun commentaire sur sa tenue. par contre j'aimerais bien parler d'Argol.

 

Il était protégé par Hermès et Athéna, excusez du peu. Il avait le bouclier de bronze poli de la déesse, qui lui conseilla de regarder le reflet de Medusa et non elle directement. Hermès lui refila la lame, et Persée trancha la tête de Medusa. De son sang, la progéniture qu’elle avait eu de Poséidon jaillit :

Pégase, le cheval ailé

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avec la constellation en cadeau

Et Chrysaor (épée dorée, que ça veut dire, parce qu’il né avec. non mais pourquoi pas, c'est pas le pire que nous aient pondu les Grecs)

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 woh Krishna hai. Par contre on repassera pour l'épée

Le regard de Medusa était toujours aussi mortel, quand bien même cette dernière était morte. Les serpents de sa chevelure l’étaient-ils aussi ? j’aimerais bien savoir.

Bref, après que Persée eut réglé quelques conflits familiaux avec ladite tête, Athéna la recueillit et la plaça sur son égide (mais on la voit également souvent représentée en miniature sur son plastron). Pas comme une reconnaissance quelconque, hein, on sait qu’elle voulait sa peau, c’est bon. Non, parce qu’ ainsi, le pouvoir pétrifiant de cette tête coupée (ah, ça me rappelle un très vieil article. Look at thisl nan, je ne tente absolument pas de recycler mes articles, voyons) assurait une protection supplémentaire à la déesse.

Et c’est ainsi que la tête de la Gorgone devint apotropaïque.

Tintintin, ça y est, on a atteint l’apex de cet article. On respire un bon coups et on reprend.

 

Apotropaïque, un mot génial pour briller en société, ou s’en faire rejeter, c’est selon, qui veut bêtement dire que la tête de Medusa éloigne le mal de celui qui la porte, et conjure le mauvais sort. C’est comme les démons grimaçants de pas mal de civilisations (même si de prime abord je songe au Bès égyptien et à sa clique)

D’ailleurs les premières représentations de la Méduse étaient ainsi.

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fronton du temple d’Artémis, Corfou, époque archaïque

Ainsi les femmes hellènes portèrent-elles la gorgoneion en pendentif, pour repousser le mal.

 

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Là il faut me croire mais cette dame dont le portrait (IIe siècle environ) provient de Er Rubayat dans le Fayoum porte le collier à gorgoneion type, soit un ras de cou avec chaîne se fermant au niveau du médaillon.
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un exemplaire exposé au Louvre, provenant d'Egypte à la fin de la période hellénistique


Je devrais porter la mienne plus souvent, tiens.

La gorgoneion est aussi un motif funéraire répandu (il fallait bien que ça arrive) toujours en raison de son caractère apotropaïque, mais aussi comme symbole de passage. Donc on est bon aussi, là.  Il faudrait que je revoie cet article, « Méduse et la mort », de Michel Fuchs. Je n’avais fait que le parcourir, mais ma foi j’aimerais approfondir la question.

 

DONC, vous comprenez pourquoi il est bon de vous mettre sous l’égide de la Gorgone cette année. Que chacun arbore donc ce chef protecteur et rende grâce à la sacrifiée.

 

Et parce qu’il ne faut pas déconner non plus, la vision de Böcklin.

 

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Rien de mieux pour entamer une année neuve que ce genre de vision.

 

Vale, et que les reptiles prophylactiques rampants dans l’écarlate d’un sourire figé vous susurrent des vérités transcendantales sous l’opale mort d’un portail sur l’ailleurs.

 

Ah, et d’après mon thé ayurvédique « the power of love is infinite ». Tout ce que j’ai à en dire c’est que ça me donne envie de chanter du Scorpions.

 

Vendredi 17 décembre 2010 à 2:43

 C’est ce que me dit mon thé ayurvédique. Oui, je bois du thé ayurvédique et il me cause. Grâce à lui j’ouvre mes chakras et je chante ohm toute la journée.

Ou pas.

décembre. Comme son nom ne l’indique pas, le douzième mois de l’année (étymologiquement, c’est le dixième). La mort de l’année. Aller, une cinquième mort symbolique, on n’est plus à ça près. Le froid qui rigidifie le corps comme un cadavre et la neige qui donne envie de se tailler les veines dessus. (état normal de la monomaniaque). Bon, il n’y a plus de neige, là c’est vraiment déprimant. (où on se  taille les veines maintenant ?)

le mois où chacun s’apprête plus ou moins de bonne grâce à célébrer –ou à subir- les festivités de la fin de l’année, résidus d’une très ancienne fête païenne dédiée au solstice. On est toujours des païens, les enfants. Célébrons la naissance de Sol Invictus.

Donc le 22 décembre, tout le monde au pagan metal, heathen.

Un temps parfait pour rester sous la couette avec un thé bien chaud à se mater le chapitre Asgard ou à réviser sa mythologie, ou à relire At the mountains of madness. Un temps parfait pour crever, aussi. Je sais que j’ai un sujet sur les enfers à livrer, mais là je suis en pleine visite. Et j’ai dit que ça serait quand j’aurais vu le chapitre Hadès alors on n’y est pas encore.

 

(non ,mais, deux secondes, comment vous voulez que je passe au travers de st Seiya quand chaque fois que je fais une recherche image sur la mythologie je tombe sur un chevalier du zodiaque ? hein ?? toutes les illus de mes articles pourraient être faites avec, sans déconner, d’ailleurs je testerai un jour, ça pourrait être fendard.)

 

En plus de mon obsession pour les dieux des enfers et, en ce moment, d’Hypnos et de Thanatos, (vas-y tape ça dans gogole tu vas voir sur quoi tu tombes) il y a aussi une fascination certaine pour la figure dionysiaque et ce qui y est rattaché. Notamment, en ce moment, l’histoire d’Ariane

 

Ariadnè, fille de Minos, souverain de Crète (et accessoirement ensuite juge aux Enfers, encore une figure de la mythologie qui me botte, surtout quand on voit la dégaine des crétois. Ici, vue d'Egypte. ah, Keftiou.
http://www.egiptoantiguo.org/foro/attc_foro/keftiu_148.jpg(et accessoirement, encore une recherche image qui aboutit à mater de la myth cloth) (je résisterai, je préfère celle de Thanatos, d’abord)

 

Minos, donc, qui exigeait un tribut des Athéniens (O andres athenaioi) qui étaient sous leur joug : chaque année (ou tous les 7 ans, ou aux calendes grecques, suivant les versions), ils devaient sacrifier 14 jeunes gens pour nourrir le Minotaure, monstre mi homme-mi taureau né des mœurs détraquées de l’épouse de Minos qui avait une… affection très marquée pour un taureau (je crois que c’est celui de la constellation du même nom). Rien que de très normal, dans la mythologie grecque.

Or, parmi ces jeunes gens était Thésée, fils du roi d’Athènes, qui s’était joint volontairement au groupe sacrificiel pour mettre fin aux exactions de Minos. C’était un héros, il est donc fréquemment représenté à poil. (cf. article des tyrannochtones sur les conventions de la représentation du héros grec) 
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il n’est pas à poil mais ce n’est pas loin. On remarque surtout que sa coupe semble droit sortie des 80’s

Mais gageons que ce n‘est pas pour cela qu’Ariadnè tomba amoureuse de lui, et voulu lui éviter une mort atroce. Plongés dans le labyrinthe où créchait le Minotaure, Thésée parvint à s’en sortir grâce au fil confié par Ariane lui permettant de ne pas se perdre, ainsi qu’à l’épée qui lui servit à occire l’hybride, qui était tout de même le demi-frère de la donzelle.

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une toile de Gustave Moreau représentant Thésée et ses potes dans le labyrinthe s’est glissé dans l’article, saura-tu la retrouver ?

 

 http://www.readthehook.com/art/wp-content/uploads/2010/10/ariadne.jpg

Ariadne and Theseus. John Raphael Smith, 1788

Ce trait m’a fortement rappelé celui de Füssli, et il semblerait qu’il y ait effectivement influence. On ne me la fait pas à moi, non mais.

Ariadnè abandonna tout pour le jeune homme : famille, amis, patrie, elle s’enfuit avec Thésée qui lui fit de nombreuses et merveilleuses promesses, lui dessinant un avenir radieux dans lequel ils seraient tous deux.

Et là c’est le drame. S’arrêtant à Naxos (Dia) pour la nuit, Ariane s’endort, du sommeil serein de ceux qui aiment et ont confiance. Sans doute Thésée lui a t’il encore glissé à l’oreille avant qu’elle s’endorme de douces paroles. Trompeuses et vides de sens, puisqu’il rassemble alors tout son courage pour… l’abandonner. Et faire route seul pour Athènes.

Scène souvent dépeinte dès l’Antiquité, et plus encore depuis. Sur les cratères et autres céramiques d’époque classique, Ariadnè est souvent représentée tournée vers le spectateur, le visage de face, ce qui symbolise une isolation, la convention de représentation étant le profil.

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 musée de tarente, poil à la tarentule.

Comme elle a l’air confiante et heureuse ! un petit Hypnos accroupi sur son front indique qu’elle est plongée dans un profond sommeil. Ergo, si vous avez mal à la tête en vous réveillant, c’est que Hypnos a besoin d’un petit régime.

 

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classique tardif, conservé à Boston

 

Là, toujours Hypnos, plus grand, verse l’eau du Léthé sur son front. Le Léthé, qui provoque l’oubli, et que boivent les morts sur le point de se réincarner afin de tirer un trait sur leurs vies passées. Ce qui montre bien les liens qu’Hypnos entretient avec son frère Thanatos

Oui, bon, là Thésée est de face aussi, il faut toujours que les héros se fassent remarquer.

 

Athéna est présente sur les deux scènes. C’est elle qui aurait commandé à Thésée de partir sans délai, selon certaines versions ,qui n’en donnent pas d’explication. Pourquoi aurait-elle poussé à l’abandon de la jeune fille ? m’est avis qu’elle ne voulait pas d’une crétoise sur le trône d’Athènes. En fait, c’était surtout pour ne pas trop entacher Thésée d’une action plus que déshonorante. Toujours est-il qu’il ne se fit pas prier pour commettre son parjure, puisque c’est bien connu, une fille amoureuse, c’est très encombrant, surtout pour un jeune homme. Oulà, et puis là c’est un Grec, en plus. Non, ce n’est pas un cliché. Et puis peut-être qu’elle était chiante Ariane, hein, on ne sait pas, peut-être elle avait des tares physiques et mentales. Ou alors juste c’était une fille quoi.

Une autre version cherchant à excuser notre zéro dit qu’il était dans le bateau avec tout son équipage, mais bizarrement pas avec Ariane endormie sur la berge, qu’il ne voulait pas l’abandonner, mais que, oh, tiens, le vent s’est soudain levé et le navire est parti tout seul, dis ! pas moyen de l’arrêter ce bougre de chair à bûcher ! et pis vlà ti pas qu’en rev’nant, (car des versions disent genre que Thésée serait revenu…) cette traînée était d’jà plus là, partie fricoter avec on n’sait qui. Toutes des salopes.

 

Donc, le navire parti, Ariane au matin ne peut que constater qu’elle est livrée à elle-même. Elle qui s’était entièrement abandonnée à son amant, qui lui avait tout sacrifié, elle se retrouve abandonnée sur une île (autant dire une prison) et… non, même pas sacrifiée, simplement jetée là comme un déchet quelconque et inutile, comme un objet encombrant, sans valeur et ne méritant aucune considération. Niveau insulte, c’est balaise.

 

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« hey, t’as vu, ton mec se barre sans toi ! non mais t’as vu, hein ? » fresque de Pompeï, Ier siècle, musée de Naples

 

Bien sûr, il y a de quoi avoir la rage, et les lamentations d’Ariane sont très bien rapportées par Catulle  (que je confond toujours avec Salluste, sans raison, puisqu’ils n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre, et dont je ne peux me souvenir qu’en rapprochant son nom de fistule. Charmant) auteur du Ier siècle avant notre ère, dans son  poème XLIV, noces de Thétis et de Pélée.

 

«  On y voit Ariane, le coeur gros des fureurs d'un amour indomptable, qui, des rivages bruyants de Naxos, regarde s'éloigner les rapides vaisseaux de Thésée. Elle les voit ; mais à peine échappée aux trompeuses douceurs du sommeil, et seule, abandonnée sur une plage déserte, l'infortunée ne peut en croire ses yeux. Cependant son ingrat amant fend les flots à force de rames ; il fuit, et les vents emportent ses vaines promesses. Les yeux baignés de larmes, mais immobile, comme la statue de marbre d'une Bacchante, elle voit le parjure, elle le voit ; et son esprit incertain flotte au gré de mille sentiments opposés. Plus de réseau qui captive les tresses de ses blonds cheveux ; plus de voile qui couvre son sein ; plus d'écharpe qui retienne sa gorge haletante. Elle s'est dépouillée de tous ses ornements, ils sont tombés à ses pieds ; et les flots de la mer se jouent de ces vaines parures. Et que lui font et son réseau d'or et ses vêtements qui flottent au gré des ondes ; dans son délire, c'est Thésée qui remplit toute son âme ; Thésée qui absorbe toutes ses pensées ; Thésée qu'appellent tous ses voeux.

(…)Souvent, dit-on, son ardente fureur s'exhala en cris aigus, échappés du fond de son âme : tantôt, inconsolable, elle gravit les monts les plus escarpés et promène au loin ses regards sur l'immensité des mers ; tantôt, enlevant ses riches brodequins, elle lutte, les jambes nues, contre les vagues frémissantes. Telles furent les dernières paroles qui s'échappèrent de ses lèvres glacées à travers les sanglots qui soulevaient son sein baigné de larmes :

«Ainsi donc, perfide Thésée, après m'avoir enlevée du palais de mon père, tu m'abandonnes sur cette plage déserte ? Ainsi donc, au mépris de la Divinité, tu t'éloignes oubliant tous tes serments, tu retournes dans ta patrie, chargé du poids d'un parjure ? Rien n'a donc pu te détourner de ce cruel dessein ? Barbare ! nulle pitié n'a donc pu toucher ton coeur impitoyable ! Sont-ce là les promesses que ta bouche m'avait faites, l'espoir dont tu berçais ta malheureuse amante, quand tu m'entretenais de nos joyeuses noces, de cet hymen objet de tous mes voeux ? frivoles promesses, vain espoir qu'ont emportés les vents ! Quelle femme désormais pourra croire aux promesses d'un amant, pourra compter sur la fidélité de sa parole ? sexe trompeur ! Quand ils sont embrasés des feux du désir, serments, promesses, rien ne leur coûte, rien ne les arrête ; mais, leur passion une fois satisfaite, ils oublient tout, et le parjure même n'est qu'un jeu pour eux. »

Ainsi Ariadne goûtait-elle aux joies de la lâcheté humaine, encore plus insupportable lorsqu’elle s’en prend à ce qu’il y a de plus sacré pour une femme (nan je ne parle pas d’argent). Si elles étaient moins niaises aussi. Certaines versions disent qu’elle est morte de chagrin, ou bien qu’elle s’est faite achever par Artémis (parce que les lamentations ça devient saoulant à un moment) mais le mythe le plus répandu veut que Dionysos ait pointé le bout de ses charmantes bouclettes dans le coin.
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ceint de lierre, son végétal fétiche, expansif et exubérant, qui selon Sauron (l’historien pas le seigneur du Mordor) pourrait symboliser Marc Antoine sur l’Ara Pacis, en opposition à la sage feuille d’acanthe apollonienne d’Auguste. Marc Antoine se présentait comme Neos Dionysos, soit le Nouveau Dionysos, excusez du peu. Ahah, pour le coups, il se croyait vraiment sorti de la cuisse de Jupiter \o/ *fière d’avoir casé une blague d’historien foireuse*
Et il y avait grave opposition entre Apollon et Dionysos, malgré des similitudes troublantes (notamment au niveau bouclettes. Non, sincèrement, arborer une capillarité étendue était leur apanage. Pas exclusif, n’est-ce pas, mais une convention, comme la nudité héroique. Ouais, et divine)
 
 
Dionysos, Liber, Bacchus, dieu des mystères, connu sous bien d’autres noms encore.
 Son culte a été introduit tardivement, comme indiqué dans les mythes eux-mêmes et tel que le rapporte Ovide, ce qui indique à mon sens un syncrétisme incluant une influence étrangère. D’ailleurs, lorsque Dionysos débarque sur Dia/Naxos, il revient tout juste de l’Inde exotique dont il rapporte les mystères. (il m’évoque Krishna comme ça, non ?)
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(cherchez pas, j’avais juste envie de mettre une illu de Krishna. N'empêche qu'ils jouent de la flûte tous les deux.Tiens, une myth cloth qui traîne, étonnant)
 
Tout enveloppé des parfums de l’Orient, en triomphe sur son char d’or où sont attelées des panthères (qu’il prend pour monture à l’occasion), dans toute sa majesté, lui, le dieu des ivresses et des passions, de l’exubérance, de l’éternelle jeunesse, des secrètes initiations, le voici devant Ariadnè éplorée, devant Ariadnè morte. (de là à dire qu’il est nécrophile… ouuf ça faisait au moins deux articles que je n’avais pas écrit ce mot, ça devenait intenable)
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Et lui, dieu de la régénérescence, il lui rend la vie qui avait déserté son cœur immolé. Il fait même plus que lui rendre sa dignité humaine, car elle était déshumanisée, ravalée au rang d’objet, même pas d’animal, et c’est ce que montre bien le passage de Catulle indiquant qu’elle a laissé choir ses vêtements et ses parures. Ce qui faisait d’elle un être humain, doué de vie et de sentiments, reconnu comme tel, ayant été bafoué et renié avec sa personne. Et bien là, dépouillée de son essence humaine, elle acquière une essence divine.
En effet, Ariadnè portrait encore une couronne, symbole de vaine gloire mondaine, que Dionysos transforma en constellation, Corona Boeralis, la couronne boréale.(et qui dit constellation dit myth cloth, c’est bien connu) Je veux pas dire, mais ça a quand même pas mal de gueule les démonstrations d’amour d’un dieu.
Un dieu ne promet rien, il agit. Dionysos ne promit pas son amour, il le donna.
 
Et on en profite pour illustrer avec une œuvre de Delacroix <3
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Bacchus revenant des Indes rencontre Ariane abandonnée ou L'Automne 
1856-1863 
 
Ariadnè est représentée comme étant encore sous le coups mortel du coeur assassiné, les jambes raides, le corps mort, la tête baissée, toujours plongée dans les brumes des espoirs déçus et de la confiance trahie. L’horizon derrière elle est vide, et c’est là-dessus qu’elle se concentre. Elle ne voit pas qui lui tend la main, elle ne voit pas la splendeur de la divinité, mais elle opère déjà un mouvement ascensionnel de renaissance. Les mains croisées, en communion, me rappellent –sans obsession aucune de ma part pour le sujet, bien sûr- celles qui sont au centre de la Barque de Dante. Mais ici, c’est le regard de Dionysos sur Ariadnè qui est au centre du tableau. Du moins dans la diagonale qui part du haut à gauche. L’union de ses mains annonce celle des deux personnages que confirme le putto brandissant allègrement une guirlande de pure tradition antique.
Dionysos, dieu de renaissance, de la régénération, fait revivre le corps et le cœur morts d’Ariadnè, il en fait sa déesse. On peut dire qu’elle n’a rien perdu au change…
En tant que divinité, elle est assimilée, telle une nouvelle Perséphone, à la régénérescence, de la vigne, cette fois, au vu des attributions de Dionysos.
Le titre d’automne n’a rien à voir avec le sujet, Delacroix avait été commissionné pour faire un tableau avec un thème antique pour chaque saison, sans qu’il y ait forcément un rapport. Si je devais donner une saison à ce tableau, je dirais qu’il s’agit plutôt du printemps, ou de la fin de l’hiver. La terre morte et gelée contient en elle les germes de sa régénérescence qui s’opère au printemps, et la renaissance est justement le thème de cette toile, à mon sens.
 
L’Antiquité livre de belles scènes montrant les deux éternels amants, dont l’histoire, étant heureuse, n’est pas intéressante à raconter.
 
 
http://www.lornacahall.com/ariadneDionysos.gif
cratère fin époque classique, musée de Tolède. Il a encore torché tout le monde au concours de boisson
 
http://www.kzu.ch/fach/as/gallerie/myth/theseus/theseus_images/27_meleager.jpg
coupe de Nola, fin classique. Là, il en a abusé et il se retrouve avec la lyre apollinienne à carapace de tortue. wtf?
 
http://www.lornacahall.com/ariadnedio.gif
cratère attique à figure rouge, classique, musée de Naples
 
 
Quant à Thésée, il avait par ailleurs d’autres qualités qui en ont fait un héros apprécié des athéniens, qui méprisaient naturellement les femmes. (bien sûr, il n’y avait pas qu’eux, hein, mais Pandore ou la bonne excuse pour accuser les femmes de tous les maux, c’était grec quand même) Garder Ariane avec lui aurait sans doute évité bien des déconvenues, mais mieux vaut être avec un dieu quand on en a l’occasion, hein. Ses hauts faits d’armes ne l’ont pas empêché d’être assez stupide pour accepter de suivre un ami chez Hadès pour tenter d’enlever… Perséphone. Il a pu constater le sens de l’hospitalité du dieu des Enfers, soyez-en sûr. Pour comble de parjure, il se maria à la sœur d’Ariane, Phèdre, perverse manipulatrice, qui lui valut beaucoup d’ennuis. Hyppolite, vous savez.
 
Nous avons différents niveaux de lecture derrière ce mythe.
 
Lecture historique :
Suprématie de la Crète sur Athènes symbolisé par le tribut des athéniens
Allégorie des palais crétois transposés en labyrinthe (faut voir le bordel)
Culte taurique minoen
Affirmation du rôle social de la femme à travers le filage, du rôle social de l’homme à travers la guerre.
Influence orientale du culte dionysiaque
Propagation du culte d’Ariane depuis les îles grecques
 
http://faculty.colostate-pueblo.edu/beatrice.spade/history%20101/minoan/minoanbull.jpg
cette fresque minoenne n’est absolument pas extrêmement connue
 
Au niveau interprétation symbolique capillotracté on pourrait y voir :
Ariane comme initiatrice : par son aide Thésée retrouve la lumière après un cheminement dans son labyrinthe intérieur où il doit affronter ses propres démons, personnifiés par le Minotaure. Elle lui a donné les armes pour vaincre.
Puis Ariane comme initiée : Thésée l’initie à l’amour puis l’abandonne. Le véritable initiateur aux mystères arrive ensuite : Dionysos. C’est lui qui sort Ariane de son propre labyrinthe.
On peut considérer que l’initiation à l’amour, quoique cruelle puisque se soldant par un avilissant abandon, est un mal pour un bien. Je ne vois pas Dionysos comme l’époux, le mâle dont le soutien est indispensable à Ariane pour vivre, puisque l’expérience a tendu à démontrer la lâcheté masculine et le fait que la femme peut bien s’en passer. Il est plutôt le moteur, divin, qui permet une régénérescence, une renaissance, s’extrayant du bassement humain, pour chercher au-delà, une félicité qui ne doit rien aux mortels, et surtout pas aux hommes. Une façon de redresser la tête et de vivre pour soi-même enfin, et non pas dévouée à un indifférent. Vivre dans l’exubérance, l’ivresse des sens et la passion libérée, pour soi.
Non parce que si vous attendez un dieu grec, vous pouvez attendre longtemps, surtout un Dionysos, qui fait figure d’exception dans la fidélité, la plupart des autres immortels étant encore plus infâmes niveau lâcheté et mœurs dépravées que les mortels. Ah, mais lui, c’est un demi-dieu. Raconter sa naissance sera une excellente excuse pour caser une toile de Moreau <3
Autrement, on peut y voir une apothéose, une épiphanie, qui pourrait signifier qu’elle est vraiment morte physiquement, et que l’apparition de Dionysos soit le symbole de l’espoir d’une renaissance divine dans l’autre monde. J’avais déjà évoqué dans un précédent article l’association de Dionysos à Osiris, dans ce sens.
Si on veut pécher du côté de l’hindouisme, (zut quoi, fallait pas me dire qu’il est allé en Inde ) Dionysos pourrait être le signe qu’elle prend conscience, à travers l’amour, de son pouvoir, la révélation qu’elle est l’énergie, la shakti, principe féminin dynamique, qui permet au monde d’exister, d’être et de devenir. En gros
http://www.vroma.org/images/raia_images/bacchus_ariadne3.jpg
fresque romaine du ier siècle, Getty museum qui montre qu’Ariane a tout compris à la vie. Sex, drug and rock & roll, ou vinasse, transe et déhanchement bacchique
 
Lecture athée :
Si on enlève les dieux, on a une fille qui du jour au lendemain s’est fait abandonner par celui qu’elle aimait, sans explication. Une histoire vieille comme le monde.
 
Morale de l’histoire :
L’amour divin prévaut sur l’amour humain. Aller, on se fait nonne.
La vinasse, y’a que ça de vrai.
 
Dans une transposition contemporaine du mythe, je verrais bien Ariane se faire abandonner sur une aire d’autoroute par son petit copain, pour se faire récupérer par le leader de son groupe favori. Hell, yeah.
Ouais, parfaitement, un truc qui n’arrive jamais dans la réalité. Dans la réalité, les leaders de groupes favoris se mutilent le crâne. Triste monde.
 
 
un site avec une iconographie extrêmement complète sur le thème, où l’on s’aperçoit qu’il a été prétexte à peindre de la jeunette dévêtue.
 
Ah, et en ce moment, il y a des représentations de Ariadne auf Naxos à l’opéra Garnier. Ce n’était même pas calculé. Non mais l’affiche c’est du Klimt quoi. J’aimerais bien y assister, mais sans aller .
***
 
Une haute pyramide, dont le sommet est invisible car caché dans la lumière aveuglante du soleil triomphant. Un monument impressionnant, mais on raconte que bien des merveilles se trouvent à son sommet. Une personne aimable s’en vient, les yeux souriants, prend la main, et invite à monter les degrés. Ce n’est pas évident, mais ce sourire, ce regard et ces paroles aimantes font surmonter l’impossible. Le voyage est beau et très plaisant. Serait-on au sommet de la pyramide ? non, juste à un pallier, la vue est déjà magnifique, mais a l’air plus sublime encore au dessus. De sombres augures voilent brièvement le ciel, mais quelques mots d’amour rassurent, et l’on a hâte de poursuivre la progression, de donner davantage.
Une pierre de sacrifice, un couteau d’obsidienne, une cardiectomie sauvage, et le corps poussé du pied qui se retrouve à dévaler les marches de façon grotesque. Tout cela en une seconde à peine. Visions du ciel et de l’enfer à toute vitesse, la pierre qui tranche la chair, les cheveux qui étranglent, le corps vide et mort sur lequel on n’a plus aucune prise. En bas, l’immobilité enfin, les yeux écarquillés sur le ciel immense et vide, qui n’a aucune explication à donner. Tout est ombre. Une chose molle dévale à son tour l’escalier et percute tendrement le visage en s’évidant un peu partout de sa substance. Un organe encore chaud, encore palpitant, maculé de sang et de poussière, fendu de part en part. une chose qui était un cœur offert. On ne le brûlera pas sur le quauhxicalli, il ne sert à rien, la victime n’avait pas assez de valeur, elle n’a pas fait la guerre fleurie. Un sacrifice pour rien.
Mais surtout, plein de bonheur.
Personne n’est jamais revenu de chez le seigneur de Mictlan pour dire s’il y en avait…
 
Et une seule interrogation.
Mais WHAT THE FUCK ???
 
***
Bon, et pour récompenser les rares lecteurs qui n’ont du attendre que cela depuis le début, une illu de st Seiya, parce que j’en ai vu passer en rédigeant cet article.
Bon, on est encore au mois du Sagittaire, mais je ne suis pas fan d’Aiolos (mon dieu, un prénom vraiment grec qui veut dire quelque chose. Pour vous prouver qu’on peut parler culturel à partir des chevaliers du zodiaque, apprenez qu’aiolos signifie « mobile, agile, rusé » (toujours pratique quand on tire à l’arc) et que c’est la version originale du nom du dieu Eole. Aiola, (le frère Aiolos, plus connu en France sous celui de Ayor, comme quoi ils se sont vraiment cassé le fondement pour trouver les noms ) c’est la même chose, mais… au féminin. Ayor est donc un travesti ou un transsexuel, ou un hermaphrodite, ajoute ta suggestion)
alors on va mettre le chevalier du Capricorne. Pas que j’en sois particulièrement fan non plus, mais j’aime bien me payer sa tête. Et puis Mars dans le Capricorne.
http://lostsoulslair.cowblog.fr/images/Shuralindexaussitantquafaire.jpg
Shura, donc. D’après vous il:
  •  invite à danser une gavotte (il a bien le droit d’être celtibère si ça lui chante)
  •  a une attaque spéciale consistant à frapper son adversaire uniquement avec ses auriculaires
  • est une précieuse
  • a un modelé capillaire désastreux
  • a une attaque spéciale consistant à danser la gavotte et a asséner des coups à son adversaire avec ses auriculaires sous la menace d’airs précieux et d’une coupe de cheveux affligeante
 
image piquée ici, dans l’article de la Désencyclopédie consacrée à ce monument de la culture contemporaine, poil à la naine. 
 
Si vous voulez m’achever, faites vous (/moi) plaisir. Hypnos me tient. Son frère est à ses côtés.
 
Vale
 

Samedi 20 novembre 2010 à 23:33

 ‛Ύπνος ἀδελφός ἐστί Θάνατου

http://www.jwwaterhouse.com/paintings/images/waterhouse_sleep_and_his_half_brother_death.jpg

J. W. Waterhouse, Sleep and his half brother Death, 1874 

Le Sommeil est le frère de la Mort


Lundi 26 juillet 2010 à 2:50

Quelques lignes rapides parce que c’est la fête des Joachim et que j’en connais un. Et que je l’aime beaucoup malgré toutes les choses que l’on qualifiera charitablement d’étranges qu’il m’inspire.
Pour cela, je lui dédie aujourd’hui la chanson « a romance with the grave » de The Vision Bleak, que j’aurais bien partagé avec tout le monde mais je n’ai trouvé aucun lien décent pour cela. Vous pouvez cependant vous faire une idée de ce que fait le groupe en cliquant sur la magnifique image ci-dessous <3
The Vision Bleak est un groupe de Horror/Gothic/symphonic/ajoute ta suggestion Metal teuton qui fait partie de mes groupes fétiches, et ce n’est pas un hasard quand on voit les thèmes qu’ils abordent (ouais bon, vous faites pas une mauvaise image de moi parce que j’ai cité A romance with the grave hein, c’est pour Joachim), Lovecraft étant notamment une muse très prolixe chez eux. Mais il faut ajouter à cela beaucoup de talent musical et la voix du sieur Konstanz (à droite). Ils sont peu connus en France et c’est bien dommage, surtout qu’ils déchirent bien sur scène (en tenue inspiration XIXe, s’il vous plaît). Je ne pouvais rêver meilleur cadeau d’anniversaire qu’un de leur concert à Paris et une relique à ramener, mais arrêtons le fangirlisme et allez plutôt écouter ce qu’ils font.
http://userserve-ak.last.fm/serve/500/2416620/The+Vision+Bleak+twghtp03.jpg
Le rapport avec Joachim à part ladite chanson, tient, je dirais, à l’affinité capillaire qu’il entretient avec Konstanz.
 
Bien, autrement, les jours épagomènes ne se sont pas trop mal passés pour moi. Ca a été un peu plus catastrophique à la Porte des Enfers où j’officie en tant qu’Anubis ou Oupouaout (cerbère psychopompe. Bon, d’accord, plutôt somapompe mais ne me pourris pas mon groove) j’apprécierais plus si je n’avais pas tant de retard à côté… je tiens à préciser que ce paragraphe est volontairement d’une obscurité hermétique, genre les tablettes d’émeraude de Thot et tout. J’essaie d’intégrer une formation pour être sybille.
 
Aller, tant qu’on y est, une petite présentation rapide d’une œuvre maso méso-américaine que je trouve de toute beauté (et puis rien de tel que de mater des dieux aztèques avant d’aller dormir)
Je vous présente une statue de Xochipilli, réalisée à la période postclassique, aujourd’hui exposée à Mexico.
http://www.calstatela.edu/orgs/mecha/gallery_2/xochipilli.jpg
 
Xochipilli (à prononcer Chotchipil-li) signifie « le prince des fleurs » et il est effectivement un dieu de la végétation, comme le montrent les fleurs sculptées à même son corps. Il est cependant bien plus que cela : dieu juvénile, il préside aussi à la musique, à la danse, aux activités artistiques en général, mais aussi au jeu et autres plaisirs de la boisson, ainsi qu’aux dérives que cela peut entraîner. L’ivresse, les maladies vénériennes et autres bad trips sont aussi sous sa juridiction. Eh oui, les fleurs qu’il a sur le corps peuvent être enivrantes au point d’en être hallucinogènes, ce qu’indique la présence sur son trône de psilocybes, champignons hallucinogènes qui étaient consommés régulièrement à la fin des repas mondains aztèques. Comme ça, tout le monde se faisait son petit trip dans un coin et le racontait aux autres par la suite. Les exemples que j’ai lu étaient assez sanglants, mais cela tient soit du caractère aztèque, soit du goût pour les Espagnols pour les atrocités diverses (parce que c’était un espagnol qui rapportait le truc).
Notre Prince des Fleurs ne vous rappelle t’il personne qui nous soit plus connu en Occident ?
http://www.americas-fr.com/civilisations/xochipilli.jpg
 
Xochipilli est une figure tout à fait dionysiaque, puisque l’on retrouve chez ces deux figures l’évocation de la puissance et de la régénérescence de la nature, (la vigne, chez Dionysos) avec tous les débordements bacchiques que cela peut comporter. De l’art, du mystère, de la danse, allant jusqu’à la transe, générosité et cruauté, nous avons deux figures sœurs.
J’avais déjà fait un rapprochement entre divinités égyptiennes et aztèques, ben on continue sur la lancée. Dionysos en Egypte était associé à Osiris, mais c’était surtout au niveau de la résurrection puisque le dieu de Nysos n’est pas un dieu mort où s’y rapportant très directement.
Ah, et Xochipilli porte un masque, qui n'est pas sans me rappeller les masques portés  par les acteurs Grecs, surtout les masques de tragédie vu la tronche qu'il tire. Or, Dionysos est justement à l'origine du théâtre, dont les plus grandes manifestations avaient lieu durant sa fête. Enfin, ça , c'est une interprétation aussi personnelle que capillotractée.
Autres infos sur notre dieu: il était également nommé Macuilxochitl (5-fleurs) et a une soeur jumelle, Xochiquetzal (fleur de quetzal) déesse de l'amour, de la beauté et de la joie, comme Hathor, qui, durant la période romaine était associée à Isis et par là soeur (et épouse) d'Osiris, lui-même assimilé à Dionysos, comme quoi le monde est petit, quand on le veut. Sauf que Xochiquetzal était plutôt l'épouse de Tezcatlipoca (figure qui, je l'ai montré, entretient des points communs avec Seth qui voulait épouser Isis mais là ça tourne aux feux de  l'amour mythologiques)
 
 
Je lui trouve quand même un petit air crispé, mais ce doit être une transposition de mon propre état. La pose est souple, et en même temps on sent une tension dans les membres, je trouve ça du plus bel effet. Par contre, je ne suis pas renseignée sur le sens de cette posture, mais il se pourrait qu'il joue de la musique.
Bon, j’avais dit que c’était rapide. Je ferai peut-être des mises à jour sur le sujet si j’ai oublié quelque chose et que j’ai éventuellement le temps. Ahah.
 
http://panathinaeos.files.wordpress.com/2009/07/304px-dionysos_louvre_ma87_n2.jpg
 
En cadeau bonus, une statue de Dionysos, parce que je n’allais quand même pas laisser échapper une occasion de mettre un dieu à belle bouclettes ici quand même. celui-ci date du IIe siècle, même s'il a été beaucoup remanié à l'époque moderne. aujourd'hui, on peut le reluquer au Louvre.
 
Je vous laisse donc avec Xochipilli et des considérations d’ordre métaphysique sur les figures ambigües de ces jeunes dieux préposés à l’exubérance et au chaos, nécessaires dans une société strictement ordonnée. Et aussi avec une illustration psychédélique (réalisée par un dénommé Mikio) incluant ladite statue de la divinité incriminée, avec force psilocybes, même si je suis la preuve qu’on n’en a pas besoin pour halluciner et délirer gravement.
http://images.tribe.net/tribe/upload/photo/821/657/821657cc-ff97-4c31-b3b2-5381c0705368
 
 
Encore bonne fête, cher Joachim, j’adore l’ironie de ta sainteté. Y’a qu’à voir ce que je lui avais préparé pour l’an dernier
 
 
Vale, et que les dieux dionysiaques vous convient à la danse nécessaire à une juste catharsis, sans vous faire tomber dans une déplorable hybris qui vous condamneraient à un passage à la porte des Enfers, dont le franchissement est la mort de tous les espoirs, sans aucune considération nécrophile.
 
 
 

Mercredi 12 mai 2010 à 2:59

En fait, je n’ai pas grand-chose à dire à par des âneries, pour changer, et pas vraiment de temps pour autre chose. Comme montrer des Grecs dans le plus simple appareil à l’air de faire grimper les stats, on va rester dans le monde grec, et c’est tant mieux puisque c’est de ça que je voulais blablater.
Enfin, pas exactement. En fait, je suis intriguée par le film qui est sorti… il y a un moment, Le choc des Titans, qui est un remix d’un vieux film (on ne sait faire que ça aujourd’hui) et de ce que j’ai pu comprendre (je ne l’ai pas vu, haha. En fait j’avais prévu de publier l’article le jour de la sortie du film…) on parle de Persée et des dieux de l’Olympe qui sont fort mécontents, et des troubles qui s’ensuivent de cette ire. J’ai diversement apprécié les photos que j’ai vu. Certaines m’ont franchement choquées. Surtout Persée, en fait. C’est quoi cette tête plus affreuse que celle de la Méduse ? (oui, ce qui me choque c’est plus la capillarité que les trucs complètement anhistoriques que ce soit vestimentaires ou architectural ou tout ça) d’où ils nous sortent un Grec (au type très peu méditerranéen) avec la coupe de cheveux d’un romain du IIIe siècle ? les Grecs ils ont toujours de belles bouclettes, même si elles ne sont pas longues. Regarde, même les Romains du Ier siècle ils le savaient quand ils ont peint Persée secourant Andromède. Même si en fait il y a de fortes chances pour que les artistes qui ont réalisés cette fresque soient d'origine grecque, puisque les Romains ont laissés l'art aux grecs, trouvant la pratique infâmante. C’était à Pompéi (peu de peintures se sont conservées ailleurs. Il aurait fallu que tout l’empire romain se fasse ensevelir sous de la cendre brûlante pour qu’il en reste plus) et maintenant c’est à Naples.
http://wpcontent.answers.com/wikipedia/commons/thumb/8/8f/Museo_Nazionale_Napoli_Perseus_And_Andromeda.jpg/220px-Museo_Nazionale_Napoli_Perseus_And_Andromeda.jpg
cliquez pour voir en plus grand 
 
 
Bon d’abord, qui est ce Persée ? 
Un fils de Zeus, encore un, qu’il a eu avec Danaé que son papa avait enfermé parce qu’il avait entendu dire des trucs pas sympas si elle avait un rejeton. Mais Zeus sait être très inventif quand il s’agit de visiter les demoiselles, et il s’est transformé en pluie d’or cette fois. Bon, pourquoi pas.
Et puis Persée a grandit, et c’était un héros ( c’est pour ça qu’il est à poil sur la fresque, cf. avant-dernier article) , alors il a fait plein de trucs extras, genre il a tranché la tête de Méduse, il a dompté Pégase, né du sang de la décapitée, il a sauvé Andromède d’un monstre marin (c’est ça qu’on voit sur la fresque. Il ne reste plus grand chose du monstre) et tout et tout. Il a énormément inspiré, le petit. Au XIXe on a peint plein de tableaux de ses exploits, et je crois qu’il y a même eu une pièce de théâtre ou un roman qui le dépeignait comme un petit fat prétentieux, mais je ne sais plus de qui. Donc pour ceux qui auraient une idée, allez-y.
http://a10.idata.over-blog.com/630x470-000000/0/52/08/32/louvre/andromede-au-rocher_t.chasseriau.musee-du-louvre.jpg
Là en illu, je vous mets Andromède attachée à un rocher par les Néréides, de Chassériau, 1840, ne serait-ce que parce que j’aime beaucoup cette œuvre, et son peintre <3
 
Pour en revenir au film, il n’y a bien sûr pas que la dégaine du héros, qui ne se balade même pas à poil mais dans une armure bien kitsch qui fait pas grecque mais si on était à ça près ce n’est pas grave. C’est la mythologie revue par Hollywood de toute façon, donc il faut s’attendre à du gravement kitsch et du gravement pas histo. Ça encore, comme c’est mythologique, à la limite on fait ce qu’on veut. Et puis même je trouve ça intéressant de voir comment aujourd’hui on perçoit les mythes Grecs, je trouve ça très parlant. Qu’est ce qu’on en retient aujourd’hui ? quel regard on a sur les dieux qui étaient si craints jadis ? qu’est ce qu’on met en avant ?
D’ailleurs en parlant de dieux, j’adore la dégaine de Zeus et de Hadès. Surtout de Hadès qui lui pour le coups a une capillarité fabuleuse. Ils sont supers kitsch aussi dans leur tenue respective mais là ça ne fait rien, c’est des dieux, ils font ce qu’ils veulent.
Ce que j’adore, c’est que Hadès en fait il ressemble trop à un metalleux. Look at this.
http://blog.landofthegeeks.com/wp-content/uploads/2009/11/clash_of_the_titans-hades.jpg
 Là il a une pure tête de metalleux, s’en est merveille. Tu le transposes tel quel sur la scène d’une salle où y’a un concert metal, et il va se faire direct aduler par la foule, surtout s’il annonce qu’il s’appelle Hadès, le dieu de l’Inframonde, Baby. Motherfucker (ça fait plus metalleux)
http://lostsoulslair.cowblog.fr/images/metalgodsyoufreak.jpg
 
 
D’ailleurs on pourrait penser que l’affiche française qu’on a vu partout dans les gares faisait la promotion d’un groupe à tendance metalleuse. Des monstres bizarres, des chevelus avec barbichettes et tenues de scène extravagante, il ne manque plus qu’une fille à poil dans un coin pour qu’on s’y croit vraiment.
Là je viens de déballer l’unique argument qui pourrait m’inciter à aller voir ce film. Ben oui, quoi, c’était un argument ! ah, il n’est plus en salle ? déjà ?
Ah, et regardez bien Zeus. Il ne vous évoque personne ? A part Jesus, je vous vois venir. Ben moi, il me fait penser à… Ulysse, dans Ulysse 31. quand je dis que c’est kitsch.
http://lostsoulslair.cowblog.fr/images/Ulysse.jpg
En plus j’ai donné un indice, Personne c’est le nom qu’il donne au cyclope Polyphème pour ne pas se faire boulotter dans l’Odyssée.
 
Revenons à Hadès. Ca fait un moment que je projette de parler un peu de dieux de l’Inframonde. Ben lui, il est bien placé, là. C’est le frangin de Zeus, il est l'un des 12 grands Olympiens, pas de la gnognote de seconde zone, quoi, et il a hérité des Enfers pour régner, ce qui lui convenait tout à fait. C’est plutôt tranquille comme coin, et il a plein de gens très compétents qui travaillent pour lui. Des juges qui s’occupent d’emmener les morts là où ils ont mérités d’aller (les frangins Crétois Minos et Rhadamanthe, plus Eaque. D’ailleurs on retrouve Minos dans l’Enfer de Dante) le nocher Charon qui s’occupe de faire passer le petit monde éthéré pour les voir, les juges, un compagnon à quatre pattes et 3 têtes pour garder la maison… en fait je me demande à quoi il occupe ses journées, à part enlever des jeunes filles et écouter les réclamations (seul Orphée a pu le faire plier, mais bon il était venu lui faire un concert privé et Hadès devait être secrètement fan). Oui, parce que Hadès dans son coin paumé, que l’on nomme d’après lui aussi, il ne voyait pas beaucoup de chair fraîche, et être dieu des Enfers ne veut pas dire qu’on est nécrophile, alors il a été obligé d’enlever une jeune fille histoire d’avoir une épouse pour mettre un peu l’ambiance chez lui.
http://www.oldmastersnewperspectives.com/blog/wp-content/uploads/2009/09/prosepina.jpg
la version de Rembrandt de l’évènement qui a fait les tabloïds de l’époque, sauf que lui il l’a peint en 1632
 
Koré, la demoiselle en question,n’était pas forcément d’accord, mais comme elle avait la dalle et qu’elle a mangé, elle n’avait plus le droit de sortir (dans le règlement intérieur des Enfers, section « visiteurs vivants » il y a une clause qui dis que si tu bouffes, t’as plus le droit de sortir. C’était un petit alinéa, et puis forcément Hadès n’a pas du lui mettre sous le nez quand il lui a proposé une bonne grenade bien juteuse, symbole de mariage, en plus. Ou fruit des morts, pour d’autres versions)
http://theotherpages.org/poems/books/vinal/proserpine1.jpg
Proserpine, par Dante Gabriel Rossetti, <3 1874
 
 Et voilà, elle s’est retrouvée mariée avec ça, et en plus elle a eu droit à un nouveau nom, Perséphone, parce que Koré ça veut dire jeune fille, et ça ne fait pas très sérieux quand on devient reine des Enfers. Sauf que sa maman Déméter a tapé un scandale auprès de Zeus, et comme c’est elle qui s’occupait de faire pousser tous les trucs dans la nature, elle avait un bon moyen de pression. Zeus était embêté parce que le règlement intérieur des Enfers c’est quand même un truc sérieux, et puis mince, son frère qui se case, c’est pas tous les jours, mais il ne peut pas laisser les humains mourir de faim. Alors il coupe la poire, enfin, la grenade, en deux : la donzelle restera six mois avec sa mère et six mois avec son mari ( vu qu’elle aurait mangé 6 pépins de grenade, si c’était pour ça elle aurait aussi bien pu s’abstenir, sauf si elle voulait rester avec Hadès, ce que je comprendrais tout à fait). Déméter, qui a du mal à couper le cordon, est si triste quand elle n’a pas sa fille avec elle qu’elle ne laisse rien pousser, et voilà, c’est l’automne et l’hiver. Là, c’est le printemps, du coups Hadès se retrouve tout seul, si ça t’intéresse.
http://pagesperso-orange.fr/chez_tatouille/mythologie/hades%20enlevant%20persephone.jpg
autre version, originale celle-là, de l’enlèvement. On remarque que Hadès met bien en valeur ses pectoraux de dieu grec comme moyen de séduction.
 
Le truc c’est qu’il n’est pas forcément très sociable, et il ne sort pas beaucoup. On ne peut pas dire que ce qui se passe sur l’Olympe, ou même ailleurs, l’intéresse énormément, et il vient rarement prendre des nouvelles. En même temps, on ne se presse pas de l’inviter. Un dieu assez taciturne en somme, impitoyable et terrible, mais juste. Non parce que j’ai l’impression qu’on présente souvent Hadès comme un dieu frustré, banni par son jeune frangin et qui ne cherche qu’à se venger et à prendre sa place sur l’Olympe. Ben en fait non, il demande juste qu’on lui foute la paix. Les morts, c’est pas trop bruyant, donc on vient rarement le déranger. Il ne faut pas le confondre avec le Diable, hein.
Ah, et ce n’est pas parce qu’il gouverne les Enfers que c’est un dieu de la mort, ou même un dieu mort, comme Osiris, par exemple. D’ailleurs, je pense que je ferai un topo plus détaillé sur le coin, avec les damnés les plus célèbres et tout, je pourrais même citer Virgile, ça m'inspire là. Un jour.
 
 
Hadès, ça veut dire l’Invisible en mandchoue. Mais nan, c’est en grec, mais bon en même temps ça paraît évident. Invisible, Pas seulement parce que comme il habite au sous-sol on ne le voit pas. En fait, il avait un casque qui le rendait invisible, ce qui est toujours pratique. Je crois qu’il l’a prêté à quelqu’un, une fois. Un certain Persée, justement, qui est allé espionner des vieilles avec. Non mais il avaient des mœurs étranges dans l’ancien temps.
Hadès, On l’appelle aussi Pluton, qui vient du grec encore ploutos, qui veut dire riche. Eh oui, parce que c’est dans le sous sol qu’on trouve les richesses genre le minerai et les autres trucs sympas car rares et donc chers.
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bf/Persephone_Hades_BM_Vase_E82.jpg/300px-Persephone_Hades_BM_Vase_E82.jpg
 
C’est pour ça que sur ce kylix du –Ve siècle, il est représenté –comme souvent- avec une corne d’abondance. Là on a un close up de sa tête où on voit ses belles bouclettes
 
http://lostsoulslair.cowblog.fr/images/Hadescloseup.jpg 
Pour la bandelette qu'il a autour de la tête, je m'interroge. ce qui me vient à l'esprit juste, c'est qu'on s'en ceignait pour les sacrifices, il me semble. Après ça a peut-être une vocation funéraire, je me renseignerais.
non mais voilà, un metalleux à belles bouclettes avec un corps de dieu grec, riche, le tout dans un royaume peinard, je veux pas dire mais c’est quand même un beau parti, elle n’a pas à se plaindre Perséphone. D'ailleurs il ne me semble pas qu'elle l'ait jamais fait. Elle a un autre nom elle aussi. Proseprine, pour les Romains, ça viendrait de Pro serpens, avec une idée de réptation souterraine, un truc du genre. Les Romains l'appellaient Pluton ou Dis, ce qui veut dire la même chose, donc, riche. Je vous le donne en mille, ça se décline Dis, Ditis. Et Dité, dans la Divine Comédie, c'est une cité des Enfers, (celle vers laquelle navigue Dante et Virgile dans le tableau de Delacroix <3) ainsi que le nom donné à Lucifer...
Pour ceux qui auraient vu le film cité, j’aimerais que vous me renseigniez. savoir ce que vous en avez pensé, et si Hadès et Zeus peuvent penser à une reconversion dans le metal, par exemple, et si Apollon était vraiment esthétiquement fabuleux et avec de belles ondulations capillaires.
 
Rayon belles bouclettes encore, tant qu’on y est, même si c’est très très très éloigné de ça… je suppose que beaucoup connaissaient la série lie to me qui passe en ce moment bien avant qu’elle ne soit diffusée en France… ben moi pas, et quand j’ai vu l’interprète phare de cette série, Tim Roth, il y a eu un déclic dans ma tête malade. Bien que très peu physionomiste (j’ai été capable de ne pas reconnaître Paul Bettany dans Master & Commander, sûrement à cause de sa couleur de cheveux, on va dire) , impossible de ne pas reconnaître ce visage particulier…
Bon je suis sûre que tout le monde sait que c’est lui qui a joué le bastard de service dans Rob Roy, le jeune aristo prétentieux (ça va ensemble, généralement) Archibald Cunningham. En même temps j’ai vu le film au moins 3 fois, et c’est surtout lui, enfin, ses costumes, que je regardais. Il faut admettre qu’il jouait à merveille l’arrogance et la condescendance de son personnage à qui l’on aimerait volontiers donner un soufflet.
http://www.pirates-cave.com/rob-roy-24.jpg
Aujourd’hui, je le trouve encore plus classe, il vieillit très bien et gagne en charme, je trouve. Sauf que je ne peux pas m’empêcher de le visualiser en tenue XVIIIe. En même temps j’ai tendance à halluciner beaucoup là-dessus, ayant imaginé mon prof d’égyptologie dans ce genre de tenue aussi, alors pour peu que le type en question ait déjà eu le malheur de porter un costume d’époque, et surtout un tricorne, impossible de le voir autrement. Pour le plaisir du regard:
http://img2.timeinc.net/ew/dynamic/imgs/080324/Villains/Rob-Roy-Roth_l.jpg
 
fort heureusement pour lui, sa filmographie est loin de se résumer à ce rôle.
 
Hmm, cette fois, je pense avoir déblatéré mon lot de divagations du moment. Bien sûr, il y en a encore bien d’autres en réserves…
 
Ah, la sortie musée à faire en ce moment : les arts du Gandhara, au musée Guimet. Un royaume dont l’art mélange des influences très diverses, grecques, romaines et asiatiques, qui en font un style unique et à mon sens remarquable et magnifique.
 
 
Vale, et que des metalleux à corps de dieux grecs vous fassent un concert de tous les diantres avec force teneur en grenades sans sucres ajoutés, le tout avec du tricorne et du hand banging avec des bouclettes.

jeu: - quels sont les mots ou noms récurrents à mes hérésies que j'ai encore réussi à caser dans cet article?
       - combien de fois le mot "belles bouclettes" a t'il été répété?
réponse ici: nécrophile, Diable, Dante, Virgile et au moins 5 fois

seigneur, c'est dingue ce que je suis capable d'amalgamer comme choses disparates dans un même article...

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